autres réactions aux propos de Jean-Didier Vincent

Comme sur beaucoup de sujets, la société (nous tous) a beaucoup de chemin à faire pour accepter ses propres différences. Il ne s'agit de rien d'autre dans la trisomie. Ce sont des personnes avec des particularités, comme chacun de nous en a: Grand, petit, gros ou mince, lent à la détente ou une intelligence affutée, beau, laid etc. Bien sûr nous connaissons tous des familles désorientées par la venue d'un enfant différent, mais la plupart du temps un accompagnement adapté dès la naissance aurait suffit à dépasser la peur, la honte parfois et surtout l'incompréhension. Souvent dans des discussions, on entend que l'avortement serait la suite logique, consensuelle, à donner à l'annonce d'une trisomie. Des chiffres nous disent que très peu de femmes mènent la grossesse à son terme et ainsi nous arriverons à un monde sans personnes trisomiques. Et à cette pensée, j'imagine un monde sans tous ces visages rencontrés au cours de ma vie professionnelle... Ce monde là serait bien triste sans ces rires, sans cette bonne humeur, cet humour, que la plupart de ceux que j'ai eu la joie de rencontrer, professent. Je ne vois dans ce refus de la trisomie aucune différence d'avec toutes les autres ségrégations. Si cette différence-là nous dérange, pourquoi ne pas refuser aussi les autres? Le Troisième Reich n'avait pas fait autre chose en exterminant les malades mentaux et les handicapés. C'est donc encore une fois, une question, un devoir d'information. Sur quelles peurs repose ce refus de la différence? Et malheureusement les quelques uns qui survivront seront encore plus différents, plus singuliers parce que rares... Pauvre monde…
rixheim68


Dire que les enfants trisomiques sont un poison est une violence inouïe faite à toutes les personnes porteurs de T21 et leurs familles. Nous sommes parents d'un garçon de 5 ans porteur de trisomie 21 et nous avons été blessés. Mais plus que notre affect, c'est la liberté et la paix que vise une telle affirmation... Les nazis avaient eu recours au même procédé: commencer par enlever son humanité à une catégorie de personnes en les qualifiant de vermine….et justifier ensuite leur élimination méthodique Le propos est, à ce titre, cohérent avec le thème de l'émission. Ce n'est donc pas un accident. Un homme de la stature de Mr JD Vincent, qui a eu accès aux plus grandes responsabilités et honneurs, qui a tenu un nombre incalculable d'interviews et de conférences maitrise parfaitement son élocution. Cette phrase de "poison pour les familles" a pu être dite parce qu'elle épouse parfaitement la pensée de l'auteur. Il ne s'agit pas d'un dérapage. Et l'on comprend d'un coup le "paradoxe Français" du diagnostique prénatal des petits porteurs de trisomie 21 et de l'acharnement à vouloir les éradiquer: de nombreuses autorités intellectuelles de l'état ont cette haine de la trisomie, pour différentes raisons dont une tient probablement à l'action du Professeur J Lejeune, découvreur de la Trisomie et vaillant défenseur de la vie. Les personnes trisomiques, et plus généralement toutes les personnes en situation de handicap, ont une vocation propre qui est de signifier que ce n'est pas la loi du fort qui règne en ce bas monde. Leur faiblesse nous renvoie à nos propres faiblesses et nous dit que nous ne sommes pas des dieux. Pour cette raison, les personnes trisomiques sont porteuses de paix dans notre société qui tend à tout miser sur la performance et la perfection.

Le DP n’a pas fait évoluer la trisomie. C’est le travail des professionnels nombreux qui l’ont étudiée, qui proposent des protocoles de soins et des pédagogies adaptées pour que les personnes trisomiques développent au mieux leur potentiel. Les 96% de couples qui décident une IMG le font-ils vraiment « librement » ? L’annonce du handicap est un traumatisme et quand il intervient pendant la grossesse, il est difficile, si l’on ne s’y est pas préparé, de prendre une décision vraiment libre. Entendez-vous ces familles concernées par une « naissance non choisie » et qui nous disent qu’ils ont eu de la chance d’avoir eu leur enfant avant la généralisation des tests ? Entendez-vous ces femmes qui ne surmontent pas une IMG qu’ils ont acceptée sans pouvoir y réfléchir vraiment ? Entendez-vous ces couples qui s’offrent à un petit trisomique abandonné, victime d’une double peine, afin d’en retirer une en lui offrant une famille ? Non, le libre-choix n’est pas si universellement revendiqué. La grande majorité des parents non confrontés au handicap ne se sont jamais posé la question. Nous le voyons bien autour de nous. Mais l’enjeu est bien plus grand que cette affaire de libre-choix. Que fera la société des nouvelles avancées de la technique ? Le nouveau test prénatal donne avec certitude non seulement le pronostic sur la trisomie mais aussi sur toutes les autres anomalies génétiques qui sont la causes de cancers, qui se traitent (cancer du colon) ou de maladies dégénératives qui ne se traitent pas (Alzeimer…) Quels choix proposera t-on aux parents, au début de la grossesse, après l'annonce que leur bébé est porteur d’une anomalie génétique, parfaitement viable mais annonciatrice d’une probabilité d’une grave maladie… ? C’est dans cette perspective qu’il faut considérer l’évolution des tests prénataux et les décisions qui en découlent.
nico59

Monsieur,
A l’écoute de l’émission « La tête au carré » du 5 octobre 2012, j’ai eu la surprise d’entendre de votre bouche d’expert que « ….les trisomiques (qui) sont quand même un poison dans une famille… » .
J’ai donc consulté le dictionnaire Larousse, à la lettre P comme Poison et j’ai lu : « substance qui introduite dans l’organisme à dose suffisante, détruit ou altère les fonctions vitales »
Connaissant votre statut de biologiste, je ne vous ai pas fait l’injure de penser que vous ignoriez ce qu’était la trisomie 21… Et donc de ce dont vous parliez. La poursuite de la lecture m’a mené au sens littéraire : « ce qui est capable d’exercer une influence malfaisante, pernicieuse ».
Je n’en crois pas mes oreilles…
Monsieur, quel être humain êtes-vous qui traitez vos congénères de « poison » ?
Quel enseignant en médecine êtes-vous qui traitez des patients potentiels de « poison » ?
Quel citoyen êtes-vous qui vous permettez de traiter vos concitoyens de « poison » ?
Quel expert êtes-vous qui après des années d’études payés par mes impôts posez de telles assertions sur les personnes atteintes de trisomie dans un média également payé par mes impôts ?
Que vous traitiez des personnes – qui plus est vulnérables – de « poison » n’est hélas pas un simple délire ou dérapage verbal, c’est une atteinte à l’intégrité d’autres êtres humains. Je tremble que certains aient pu entendre vos propos. Je suis atterrée aussi que l’on se permette de laisser passer ce genre de propos dans une émission scientifique en se contentant de bredouiller que c’est un « terme malheureux ». Car ces « poisons », Monsieur, qui – pour votre information, entendent –, qui rient, qui pleurent, qui apprennent, qui parfois lisent, écrivent, peignent, jouent de la musique, souffrent aussi parfois de la bêtise d’autrui.
Ces « poisons », sont aussi - pour votre information - tout à fait dignes d’amour, et figurez-vous qu’ils en donnent beaucoup également : savez-vous aussi qu’ils font parfois grandir en humanité ?
Vos propos sont donc aussi une atteinte aux familles, parentes, frères, sœurs, cousins, cousines, oncles et tantes - mais aussi amis, éducateurs, médecins… qui au quotidien vivent avec des personnes atteintes de trisomie, les aident à s’épanouir, à être heureux et aussi les aiment.
Vous avez décollé – et combien gravement – de la réalité humaine, sociale, mais aussi politique en portant atteinte au « vivre ensemble ». Non dans un cercle restreint, mais sur une radio nationale. Vos « propos » sont de ces « poisons » que l’on n’imagine pas entendre et pourtant c’est dit. Qui représentez-vous exactement avec ce genre d’assertion ? Le corps médical ? Les psy ? L’Etat qui vous nourrit ? A qui les parents et l’entourage des personnes trisomiques peuvent-ils encore faire confiance lorsqu’ils vont consulter avec leur « poison » ?
Vos propos sont effectivement « capable d’exercer une influence malfaisante, pernicieuse ». Votre statut d’ « expert » dans cette émission donne à vos propos une dimension intolérable humainement et socialement. Votre « terme malheureux » d’une violence inouïe, est une négation de l’autre, de celui qui est différent. Et puis, aujourd’hui trisomique et demain ? Qui est le prochain « poison » dans le champ de votre expertise ?
Vous avez parfaitement le droit à titre personnel de penser ce que vous voulez et d’avoir des représentations du handicap tordues et pernicieuses comme en témoigne le terme employé ; pour information, cela peut d’ailleurs se soigner, par exemple sur le divan d’un psychanalyste. Le problème est quand cela devient une honte pour le corps médical de donner la parole à ce genre d’expertise. D’autres époques, d’autres ont divagué sur leurs représentations personnelles traitant des groupes sociaux de « parasites » ou stigmatisant « des doigts crochus »… Et voilà maintenant « le poison ». Permettez-moi de vous dire que « ça pue ! ».
Vos propos exigent condamnation et réparation. Je souhaite que vous le fassiez très clairement.
Anne-Marie BOYER
 
Bonjour,
Les propos de Monsieur Vincent nous ont particulièrement choqués.
Et le point de vue de Madame Halmos nous a également fortement interpellés.Nous sommes parents d'un enfant porteur de trisomie 21, Alexis, qui a aujourd'hui 12 ans. Sa trisomie 21 a été détectée durant la grossesse, c'est pourquoi nous nous sentons à la fois très concernés par le fait de vivre avec une enfant porteur de trisomie 21 dans une famille, et donc aux propos de Monsieur Vincent, mais également par la position de Madame Halmos puisque nous avons vécu la détection avant la naissance.Tout d'abord, nous préférons parler de notre enfant "porteur de trisomie 21" plutôt que de "trisomique", terme qui nous semble très réducteur. Notre enfant n'est pas que "trisomique"...Alexis est notre cinquième enfant. Nous en avons 6.
Nous avons appris qu'il était porteur d'une trisomie 21 lors d'une simple échographie, au troisième mois de grossesse, lors de laquelle la gynécologue a eu des soupçons. Face à cette incertitude, nous avons fait le choix (en conscience) de passer une amniocentèse, en connaissant les risques. Ce fut un choix difficile pour nous mais il nous semblait difficile de vivre toute la grossesse dans l'incertitude, en particulier pour en parler à nos enfants (notre ainé n'avait alors que 5 ans). C'est lors de cet examen de l'amniocentèse que nous avons compris que cet examen était prévu uniquement pour ne pas garder un enfant qui aurait une anomalie. En effet, la gynécologue qui a pratiqué l'acte nous a demandé pourquoi nous étions là lorsque nous lui avons dit que de toute façon nous garderions l'enfant quel que soit le résultat. Nous avons ensuite eu une forte pression pour ne pas garder notre enfant ("jusqu'au dernier jour de grossesse, vous pouvez décider de ne pas le garder"... c'est la loi). N'étant pas du tout dans le milieu médical, nous tombions de haut de voir que le milieu médical ne défendait pas en premier la vie, mais n'avait aucun scrupule à orienter (fortement pour ne pas dire uniquement) vers l'avortement. Heureusement, nous avions déjà réfléchi à cette situation avant notre premier enfant, donc notre choix était déjà clair...Bien sûr, dans le principe nous sommes pour les examens prénataux. Mais c'est l'objectif de ces examens qui nous a choqués. L'objectif n'est pas de détecter d'éventuelles maladies pour les soigner, mais l'objectif est bien de les détecter pour ne pas faire naître la personne atteinte de la maladie.
Et vu la pression que l'on a dans ces moments, je comprends que 98% des parents ne gardent pas leur enfant. Mais ont-ils vraiment fait un choix libre ? N'ont-ils pas, pour la majorité, été influencés par le milieu médical ? Et quelle conséquence s'ils prennent un jour conscience que ce choix n'était pas vraiment le leur ? Madame Halmos, pensez-vous que lorsqu'un médecin annonce une trisomie 21, les familles sont vraiment libres de prendre la décision qu'elles souhaitent, sans influence. Pour l'avoir vécu, nous témoignons qu'il y a une influence terrible pour ne pas le garder.L'examen prénatal nous a permis de bien nous préparer à accueillir un enfant différent, nous, nos enfants, nos familles, nos amis. Nous ne regrettons pas ce choix, malgré le risque qu'il comportait. En ce sens, un examen prénatal sans risque de fausse-couche est plutôt une bonne chose. Mais cela serait une bonne chose si l'objectif était de détecter pour guérir. Détecter une trisomie 21 avant la naissance peut être intéressant pour rechercher d'autres anomalies souvent associées (problème cardiaque, etc...), et anticiper des interventions si besoin avant ou juste après la naissance. Mais si le seul but est de détecter pour ne pas faire naître l'enfant, là nous sommes vraiment choqués. Et, il ne faut pas se cacher la face, c'est bien le but visé aujourd'hui.Ce que nous souhaitons ajouter, c'est que nous n'avons jamais choisi d'avoir une enfant porteur d'un handicap. Nous avons seulement choisi d'avoir un enfant. Puis nous avons choisi de l'accueillir lorsqu'on a su qu'il était porteur d'un handicap. Ce n'est pas la même chose.Et pourtant...Et pourtant, un enfant porteur de trisomie 21 dans une famille est loin d'être un poison, Monsieur Vincent. Nous ne vous connaissons pas, nous ne savons pas si vous avez eu la chance de rencontrer (de rencontrer vraiment, pas de croiser dans la rue) des personnes porteuses de trisomie 21. Nous avons le sentiment que vous ne connaissez pas cela. Et comme une majorité de personnes, vous appréhendez la différence. La différence fait peur... Donc pour vaincre cette peur vous proposez d'éliminer ceux qui vous font peur ou sont susceptibles de vous déranger.
Notre enfant porteur de trisomie 21 ne fera jamais d'étude de médecine, ni de psychanalyse, comme Monsieur Vincent ou Madame Halmos. Mais je suis convaincu que notre enfant, au delà d'apporter beaucoup à notre famille, apporte beaucoup à la société. En effet, comme il est hors norme sur le plan affectif, il apporte à ceux qui le croisent beaucoup d'affection et d'amour. Notre société n'a-t-elle pas besoin d'affection, de tendresse humaine ? Si on élimine ceux qui aujourd'hui sont les plus forts dans ce domaine, on fait le choix d'appauvrir notre société de quelque chose d'important. Il n' y a pas que la performance, la réussite universitaire, l'argent qui fait vivre. Depuis qu'Alexis est né, nous avons eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes porteuses de trisomie 21. Cette qualité d'affection est une constante chez ces personnes.
Dans la famille, Alexis a souvent été source de réconciliation : si un de ses frères ou sœur se fait punir, il est souvent celui qui va consoler.
Nos amis nous disent qu'Alexis a aidé leurs propres enfants à grandir.
Dans la rue, les magasins, Alexis a souvent fait sourire des gens "un peu coincés" au premier abord. Son regard naturel appelle à sourire, pas à la pitié, non, à un sourire de sympathie tout simplement.Madame Halmos, Monsieur Vincent, sachez que la différence enrichit ceux qui acceptent de la vivre. L'uniformité limite nos horizons. Vivre avec un enfant différent n'est pas facile au quotidien mais tellement enrichissant. Ce qui est dur en tant que parents, c'est surtout le regard de ceux qui ne comprennent pas ("les pauvres, ils ne l'ont pas su avant"... et bien si !...), et surtout de médecins qui continuent de vouloir éliminer une maladie en éliminant les malades, ou futurs malades...
Madame Halmos, je ne suis pas sûr que ce soit plus dur pour une femme de garder un enfant porteur de trisomie 21 que de ne pas le garder. Je ne porte aucun jugement sur des couples (ou des femmes, car les femmes sont souvent seules face à de telles décisions) qui auraient fait le choix de ne pas le garder, ou fait le choix d'abandonner leur enfant à la naissance. Ce choix est tellement personnel, tellement intime qu'on ne peut juger ceux qui ont fait un choix différent. Comme on dit "chacun est libre"... Mais justement, aujourd'hui, tel que le diagnostic est présenté, le choix n'est pas libre du tout. Donc réfléchissez bien sur les conséquences d'un choix qui ne soit pas librement, profondément voulu...Monsieur Vincent, un poison est une substance qui rend malade ou tue. Aujourd'hui, ce ne sont pas les enfants porteurs de trisomie 21 qui sont des poisons, mais bien ces examens prénataux qui sont des poisons pour les personnes atteintes de trisomie 21 !...Nous vous souhaitons sincèrement de rencontrer, et même de vivre, avec des personnes porteuses de trisomie 21. Vous découvrirez alors d'autres richesses et votre vie n'en sera que plus belle.
Céline et Bruno BUREAU 
 
Nous sommes nous aussi parents d'une petite fille porteuse de trisomie 21 (Janelle: 2 ans et demi), et, même si nous n'avons pas encore votre expérience, nous pouvons déjà affirmer qu'un tel enfant, loin d'être un poison, est une véritable richesse. Elle nous apporte chaque jour du bonheur. L'ayant su avant sa naissance, nous avons décidé de la garder car nous l'aimions déjà. Nous avons hâte de pouvoir lui expliquer qu'elle a été désirée deux fois, la grossesse étant souhaitée d'une part, et du fait que nous avons souhaité la garder malgré les pressions médicales d'autre part. Lorsqu'il nous arrive de passer devant le cimetière pour enfant, nous ne pouvons nous empêcher de penser que plein de "petites Janelle" reposent là, victimes de la façon de penser de personnes telles que ce Jean-Didier Vincent à qui vous avez écrit.
Nous avons écouté, suite à votre mail l'émission de France inter et nous avons été outrés par ses propos, nous rappelant des heures sombres de notre histoire. Tout comme vous, nous ne sommes pas motivés par des idées religieuses, même si cela ne serait pas pour autant critiquable, mais simplement par l'amour que des parents éprouvent pour leur enfant.
Votre courrier à ce monsieur est parfait et nous y adhérons totalement, en espérant qu'il sera lu et qu'il fera réfléchir cette personne (et beaucoup d'autres). Nous aurions souhaité mettre cette contribution sur le site de France Inter mais le blog est clos. Si vous le souhaitez, vous pouvez diffuser ce mail sur votre blog.
Il y a également une chose que pratiquement tout le monde ignore, c'est la façon dont est mis fin à la grossesse. En effet, la loi française permet une IMG (interruption médicale de grossesse) jusqu'à quelques heures avant l'accouchement.
A ce stade, il ne s'agit plus d'un avortement avec un peu de sang qui part à l'égout, mais d'une euthanasie (tiens, nous pensions qu'elle était interdite en France). Le bébé est euthanasié dans le ventre de sa mère et la maman accouche d'un cadavre. Bonjour les brouettes d'antidépresseurs ! Tout ceci n'est pas dit aux parents à qui l'IMG est systématiquement proposé (du moins dans notre cas car nous sommes passés par là). A aucun moment jusqu'à la rencontre avec le médecin de notre association, où là nous avons entendu un autre discours, on ne nous a proposé un soutien dans l'éventualité où nous garderions notre bébé. Il serait intéressant de savoir quelques années après, quels sont les couples les mieux dans leur vie. Ceux qui on gardé leur enfant ou ceux qui ont interrompu la grossesse (encore une fois en dehors de toute considération religieuse). Mais nos grands pontes ont mieux à faire que de telles études certainement inutiles à leurs yeux.
Excusez-nous pour nos propos un peu crus mais retraçant une réalité à laquelle nous avons été confrontés et que, bien que concernés, nous n'aurions découvert que devant le fait accompli si nous n'avions pas décidé de garder notre bébé et de "gratter" quelques renseignements.
Marie-Laure et Dominique Hubert
 
Bravo pour avoir mis en texte ce que beaucoup de parents de personnes atteintes de Trisomie 21 adultes peuvent ressentir alors que nos enfants ont près de 30 ans..Ils sont heureux, autonomes et n’ont pas été plus durs à éduquer que nos autres enfants , différemment peut être mais chaque enfant a son caractère et on ne peut pas réagir de la même façon face à chacun, donc pas plus compliqué avec un enfant atteint de Trisomie 21 et je n’ai pas l’impression d’avoir vécu 30 ans de galère…bien au contraire….Merci de votre réponse à ce Monsieur qui , pour moi, famille de médecins, est loin de représenter, Dieu merci, l’opinion des médecins….
Chantal

Les propos de Monsieur Vincent m'ont profondément attristée et choquée.
Est-il possible, à un âge respectable, et avec une intelligence certainement supérieure à la moyenne, de partir dans de telles impasses ? de passer à côté de la vraie vie ? et de faire la promotion d'un eugénisme qui consiste à supprimer les êtres les plus fragiles de notre société soit disant évoluée ? Ayant l'occasion de fréquenter des trisomiques je mesure tout le chemin (pas toujours facile, je vous l'accorde) qu'ils font parcourir à leur entourage : un beau chemin d'humanité où on parle peu de performance mais où joie et tendresse sont souvent au programme !
Corinne Pinet

Concernant les déclarations de M. Vincent sur les personnes trisomiques:
Je fréquente une bonne vingtaine de familles ayant des enfants trisomiques: je peux vous certifier que les parents et tous les frères et sœurs de ces enfants trisomiques ne sont pas du tout traumatisés et vraiment pas à plaindre ! L'enfant trisomique est un PUR RAYON DE SOLEIL. En revanche, je plains sincèrement les familles des gens sans cœur, des égoïstes, des vaniteux, des cupides...
Christine Trimoreau

Il est évident que si la société (dans ses institutions, dans sa culture, dans sa médecine, dans l'ambiance générale) n'accueille ni ne soutient une famille dans laquelle naît un enfant trisomique, tout devient compliqué (ce qui est compliqué ne veut pas dire malheur d'ailleurs)... mais où est le poison? dans la famille? ou dans la société qui n'a pas su accueillir le plus faible?
Quand (et c'est un témoignage) une famille est soutenue par un réseau de voisins et d'amitiés fortes, alors un enfant trisomique peut être une chance et beaucoup de joie pour tous !...
Arthur de Leffe

Monsieur le Professeur, il serait utile que vous lisiez le recueil rédigé par le comité pour sauver la médecine prénatal (le CSMP) à propos du dépistage de la trisomie 21 "l'erreur française". Des médecins, gynécologues, juristes, philosophes apportent un autre regard sur ces enfants. Mettez votre intelligence, votre savoir au service de la recherche. Soyez constructeur et non démolisseur. Comment pouvez-vous affirmer que nos enfants sont du poison? Croyez-nous ils ont tout autant de richesses que nos autres enfants. Ce que beaucoup de leurs juges oublient c'est qu'ils savent conjuguer à tous les temps le verbe AIMER, même à leur égard. Ne portez pas un regard aussi négatif sur notre vie avec un tel enfant. Sachez que nous l'aimons tel qu'il est. Oui nos enfants marqués par leur différence sont une richesse pour notre société en quête d'illusions. Ils valent plus que toutes les idoles fabriquées par notre société. Ils nous montrent la valeur sacrée de toute vie si petite soit-elle.? Respectueusement.
Gilles

Je ne peux qu'adhérer à ce que vous dites dans votre lettre.
Je connais bien une jeune femme de 30 ans trisomique j'ai suivi son parcours du CP où elle était en classe avec ma fille jusqu'à maintenant où elle est indépendante pour la plupart des choses de la vie quotidienne, se déplace en ville en Vélo va à la piscine, participe à la vie sociale et est un rayon de soleil pour tous ceux qui la connaissent. Elle est attentive aux autres et très affectueuse. Elle parait heureuse de vivre.
Et c'est en plus une enfant adoptée dernière d'une grande fratrie.
Elisabeth

Merci, cher Docteur, d'avoir dit tout haut ce que pensent certains de vos confrères...au moins les parents qui faisaient confiance à chaque médecin (dont le rôle est d'être au service de TOUS les malades ?) sauront qu'avant de choisir un médecin ou un hôpital pour nos petits trisomiques il est bon de se renseigner.
Nos 2 filles sont de vrais rayons de soleil. Comme tous les autres enfants elles ont leurs qualités et leurs défauts. Comme tous les autres enfants elles avancent à leur propre rythme. Mais elles n'empêchent en rien notre famille de vivre et de s'épanouir, elles ne sont en rien un poids trop lourd à porter...sinon, nous n'aurions jamais pu attendre le nouvel enfant que je porte.
Le poison, voyez-vous, c'est justement le regard des médecins, échographistes, gynécologues qui cherchent la petite bête à chaque visite au lieu de nous laisser vivre en paix ces mois d'attente.
Je ne vous souhaite qu'une chose : qu'une vraie rencontre avec une personne trisomique vous ouvre les yeux...
Famille Lambert

Je réagis vivement au terme utilisé de "poison"... Je voudrais réagir à deux titres :
1) en tant que père de Julie, 24 ans, trisomique. Elle serait à mes yeux plutôt un "antidote" sur bien des points : joie de vivre face à la désespérance, intelligence très développée dès qu'il s'agit d'apaiser des tensions, elle m'a certainement empêché de finir comme un vieux c...
2) en tant que responsable international d'une association qui aide à créer des liens d'amitié entre personnes ayant un handicap mental, leurs familles et des amis. Cela existe dans 80 pays à travers le monde. Je suis en ce moment à Harare (Zimbabwe) où j'ai rencontré de nombreuses personnes trisomiques. Là aussi, malgré la grande pauvreté des quartiers où j'ai pu aller, j'ai trouvé des familles dignes et heureuses de pouvoir rencontrer des amis pour échanger, partager, rire et faire la fête comme je le vois rarement chez nous ! Alors au Zimbabwe comme ailleurs, non, définitivement non, les personnes trisomiques ne sont pas des poisons !
Ghislain

"Poison" ! Qu’il est dommage de voir ainsi ces personnes, capables d'aimer, d'être aimées.?Une personne porteuse de trisomie 21 est tout sauf un poison : c'est vrai qu'elles demandent de l'attention, qu'elles ne sont pas nécessairement "utiles" dans notre société avide de compétence, de performance... Mais une personne trisomique nous rappellera toujours les faiblesses que nous portons et qui ne se voient pas : peut-être est-ce pour cela que leur présence est insoutenables pour certains.
Professeur, ce sont vos idées qui sont un "poison" pour notre société !
Etienne

Voilà 29 ans que nous vivons avec notre fils porteur d'une Trisomie 21, accueilli au sein de notre famille après ses 2 sœurs aînées, 29 ans où malgré les difficultés, l'intolérance, l'indifférence, nous partageons avec lui une expérience de vie, d'humanité, de simplicité, d'humour et de rencontres. Une parcours de vie que nous ne regrettons pas et qui nous a donné force, courage et bonheur.
Lucie

L'association que je précise, Chez Nous Avec Toi, qui a pour but de créer des lieux d'accueil pour des personnes handicapées vieillissantes a été outrée par les propos qui ont été tenus sur les trisomiques ; elle s'associe pleinement à la lettre des Amis d'Eléonore. La vie est forte chez les plus humbles, et le mérite n'est pas du aux diplômes ni aux brillantes situations sociales.
Paul et Annick-France HAVET

L'Association Dextro en Fête (autre pathologie) s'associe à votre courrier car de tels propos sont indignes. Quel mépris pour l'être humain ! Mr Vincent de sa grandeur méprise par ses propos l'être humain.
En abaissant l'autre, le malade, le patient, vous ne vous élevez pas Mr Vincent.
Apres les personnes atteintes de trisomie, qui sera votre cible ? Les enfants diabétiques pour qui les parents doivent se lever pour contrôler la glycémie ? Les enfants souffrant de problèmes cardiaques ?
Et après ces enfants ... ?
Ne sommes nous pas tous des poisons à vos yeux ?
Selon vous, existerait-il deux sortes d'êtres humains ? Les gens en bonne santé et les poisons ?
Aucun être humain ne peut être par sa pathologie un poison pour sa famille. Sachez le ...
Nous, les personnes atteintes de pathologie chronique, ...
Nous, les poisons, selon Mr Vincent,
Nous participons aussi au bonheur de nos familles !!!
Hugues Caffiaux

Le choc ressenti lors de l'émission de ce vendredi 5 octobre est à la hauteur de la colère qui m'a envahi en l'écoutant, au sujet des nouveaux tests de dépistage de la Trisomie 21. Entendre vos 2 invités parler de manière aussi discriminatoire de la population Trisomique - évoquant même un "POISON" pour les familles !!!- relève autant de la bêtise que de l'ignorance de ces 2 invités face à la Trisomie.
Ignorer fait peur et induit des réactions négatives, des propos intolérants, irrespectueux et inacceptables ; c'est - je pense - cette profonde méconnaissance de la Trisomie et des personnes Trisomiques qui a poussé vos 2 invités à évoquer la nécessité et le bienfait d'un test visant à détecter la trisomie en vue de l'élimination des fœtus porteurs. C'est une position de pensée génocidaire et c'est très regrettable.
Mr Le Méné de l'institut Lejeune a eu bien du mal à défendre l'idée que la population trisomique avait une réelle richesse à partager tellement la réaction des 2 intervenants était violente... des intervenants qui se pensent "normaux"... mais où est la normalité ? : ces personnes qui discriminent les Trisomiques... ou mon ado trisomique qui serait allé leur serrer la main pour les saluer, sans a priori aucun ???
Je pense n'avoir pas été la seule mère d'enfant ou personne trisomique CHOQUEE par les propos de vos invités.
J'ai eu mon enfant trisomique très jeune, à 22 ans, et l'attache avec mon enfant n'a aucune connotation religieuse - contrairement à ce qu'évoquait Mr Vincent qu'"on ne pouvait accueillir un enfant handicapé qui si des convictions religieuses nous y guidaient"... quelle profonde bêtise, moi je suis totalement athée !!!
On peut accueillir un enfant handicapé parce qu'on peut aimer cet enfant comme n'importe quel autre, car il ne fait pas partie d'un monde à part, bien au contraire ! Un enfant, ado ou adulte trisomique a plus à apporter aux Hommes que vos invités à l'esprit étriqué et ignare.
Le "POISON" n'est pas d'avoir un enfant trisomique, mais c'est d'entendre de tels propos sur une radio de qualité comme France Inter !
Les personnes trisomiques sont capables du meilleur, outre leurs facultés intellectuelles qu'ils peuvent vraiment développer (lire, écrire, compter...et oui, comme vous messieurs dames !!!), ils sont avant tout pour nous tous une "bouffée d'humanité" ; ils savent faire germer dans le cœur de ceux qui viennent à leur rencontre des valeurs inoubliables, insoupçonnées par ceux qui - comme vos 2 invités - se referment derrière des clichés de méconnaissance absolue... c'est s'interdire de partir à la rencontre de véritables trésors.
Je ne nie pas la difficulté au quotidien et la crainte pour l'avenir, ayant moi-même 2 enfants handicapés, mais quand je vois le bonheur éblouissant, simple et naturel de mes enfants et de la plupart des personnes handicapés que je rencontre, je me dis que toute vie mérite d'être vécue.
Tout être humain "ordinaire" mérite de rencontrer ces personnes "extra-ordinaires" que sont les personnes trisomiques, et autres handicapés plus généralement.
Etre pour l'élimination d'une catégorie de la population - là, les trisomiques - est sans limite : après, on va entendre dire qu'il faut éliminer tous les handicapés, et pourquoi pas... tous ceux qui portent des lunettes, etc...!!! Ce genre de pensées qu'avaient vos invités me rappelle les périodes sombres de l'histoire...
Je souhaite – vivement - qu'ils puissent lire mon courrier pour qu'ils s'ouvrent les yeux, l'esprit et qu'ils puissent partir à la rencontre des personnes trisomiques.
De mon côté, si c'était à revivre avec un test de dépistage "révolutionnaire", je ne changerais rien quant à la naissance de mes enfants handicapés, je ferais le choix de leur vie. Parce que ce sont de rayons de soleil sur cette terre, des êtres qui aiment sans préjugés et qui savent donner aux autres, gratuitement et naturellement;
Plutôt que d'espérer leur disparition par ces "merveilleux nouveaux tests de dépistage", moi je demanderais plutôt qu'on classe la population Trisomique au Patrimoine Mondial de l'Humanité, puisqu'en laissant égrainer des positions aussi radicales et destructrices qu'ont eu vos invités, c'est une population d'une incroyable richesse qui pourrait vite être amenée à disparaitre, bien malheureusement...
Sincères salutations.
Olivia FOURNIER

La société élitiste dans laquelle nous vivons ne laisse pas de place aux trisomiques, mais aussi aux autistes. La place est réservée au celles et ceux qui sont actifs et compétitifs... si un jour on découvrait un gène de la fainéantise ou de la marginalité; que se passerait-il ? Pour ma part, ça me rappelle quelque chose...
Olivier

Pourquoi pas inciter les futurs mamans de "poisons" familiaux à avorter: les enfants roux, les enfants à bec de lièvre, les enfants qui seraient trop petits, les enfants avec le gène de l'obésité, les aveugles. Toutes les familles ont le droit d'avoir de bons gros bébés sains, blonds, aux yeux bleus et ronds (surtout pas mongoles), sans défauts. Vive l'eugénisme !! Et si par hasard des bébés trisomiques ou difformes, ou simplement imparfaits, on n'aurait qu'à les supprimer à la naissance, l'avenir se construit avec des hommes parfaits !
Laura

Pourrions-nous suggérer à JD Vincent la mise en place d'un dépistage de la connerie chez nos éminents scientifiques ?
Christine

Les propos cités sont inadmissibles et inacceptables. Les CONS sont aussi un poison pour la société. Ma sœur Magali, trisomique, 35 ans, est notre petite mère courage avec toutes les misères et souffrances qu'elle a endurées. Elle nous donne tous les jours des leçons, c'est notre rayon de soleil, elle se préoccupe des autres, elle n'aime pas la discorde, elle est affectueuse et sensible, la maladie est dure, mais la personne est merveilleuse... Je n'en dirai pas plus au sujet de cette personne qui a dit ces horreurs, ça n'en vaut pas la peine !!! il n'en vaut pas la peine !! Ce Monsieur Jean-Didier Vincent, neurologiste de réputation internationale…
Gisèle